buzz

Sinon chez Le Beleux il y a Gégé qui s’occupe du courrier. Gégé, ça fait quinze ans au moins qu’il est dans la boîte. La société a grossi trop vite pour lui. Il n’arrive pas à se faire aux procédures. Il regrette le temps où on n’était qu’une petite PME et où il pouvait écouter peinard Chante-France dans son bureau fermé.

A l’époque, c’est le pas leste et l’esprit léger qu’il arpentait les couloirs. Il n’était pas rare de l’entendre siffloter un petit Michel Fugain, que rythmait la cadence infernale de sa machine à affranchir. Aujourd’hui il doit tout gérer : approvisionnement de la machine à café, commandes de bonbonnes d’eau, classement des documents, manutention, cela malgré ses problèmes de dos. Il le dit lui-même, il est exploité, mais comme le médecin du travail est de mèche avec Catherine Jacquemin, il subit.

Et il y a Valérie, donc. Valérie n’a pas une vie facile. Ce matin, par exemple, elle est arrivée en nage avec ½ heure de retard parce que Kevin lui a fait une crise. Il voulait mettre ses chaussons de Buzz pour aller à l’école, au lieu de ses baskets de Spiderman. Comme elle ne cédait pas, il s’est assis par terre dans l’entrée et s’est mis à hurler. Tant bien que mal elle a réussi à le calmer et le traîner jusqu’à l’école, qui, manque de bol, était exceptionnellement fermée à clef. Le temps que le responsable de la garderie vienne lui ouvrir,  le gosse s’était remis à hurler et s’accrochait à la robe de sa mère. Elle a couru pour attraper son train mais l’a manqué de justesse, à une minute.
C’est vrai que c’est rageant de voir partir son train sous ses yeux, surtout quand il en passe un toutes les demi-heures…

Non, pas facile la vie de Valérie.

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