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Gégé s’est fait convoquer dans le bureau de Catherine Jacquemin parce qu’il a utilisé l’ancien logo de Le Beleux sur un fax qu’il a envoyé à la société d’exploitation de la machine à café. Il a répondu à Catherine Jacquemin qu’on lui avait fait passer commande de vingt ramettes de l’ancien papier à en-tête, ce qui était beaucoup pour une seule commande à son avis, et que maintenant ce papier, il fallait bien l’écouler. Ca n’a pas du tout plu à Catherine Jacquemin. Pour sanctionner son insolence, elle l’a chargé de faire l’inventaire de qui utilisait quoi comme papier, et de faire une note de rappel à l’ensemble du personnel.

Ce matin j’avais rendez-vous à 9h00 dans le bureau de Henri Duneton dans le cadre de la préparation des journées bleues. J’ai besoin qu’il m’aide à suivre l’envoi des brochures aux enseignes.
J’étais un peu gênée étant donné les bruits qui courent à son sujet, mais Géraldine m’a donné une mission : repérer tous les indices qui pourraient nous prouver sa culpabilité !

On peut dire que je me suis appliquée.

Henri Duneton est de prime abord un homme assez cultivé, si j’en crois du moins par les quelques livres alignés sur l’étagère (Eloge de la paresse, Chroniques de la haine ordinaire, Dictionnaire des synonymes…), le DVD que son collaborateur vient de lui rendre (Meurtre dans un jardin Anglais), le très beau buste en bronze qui prend un quart de son bureau.
Cela dit je me suis quand même employée à noter ce qui pourrait réveler chez Duneton un caractère déviant .
Par exemple, pendant que je lui dictais tranquillement mes commentaires, et que lui mettait à jour le fichier Excel, j’ai eu l’impression qu’il était schizophrène. Je lui ai demandé si on passerait toujours par l’Imprimerie du Centre, où le travail est soigné mais revient tout de même à 12€ les 30 exemplaires, et d’un seul coup il a hurlé : « PUTAIN LE SALAUD IL A SURENCHERI A 12€ !!!»
Un peu extrême, comme réaction ! Puis nous avons continué notre petite revue mais j’ai bien vu qu’il se tramait quelque chose, son téléphone n’arrêtait pas de sonner :
« Non, non, neuves, mes pompes, jamais mises ! Bon, ok, si, j’avoue. Je les ai mises une fois pour accompagner Dominique au concert de Pascal Obispo. -10%, Manu, ça te va ? »

En partant j’ai relevé un objet curieux. Un symbole phallique, ça ne fait aucun doute, mais je ne sais pas exactement ce que c’était.

Ahhhh, oui, comment pouvais-je l’oublier ! J’ai compté pas moins de 10 bouteilles de champagne vides stockées par terre le long de la fenêtre…

Si je devais dresser un bilan rapide de cette enquête je dirais qu’Henri Duneton a un petit penchant pour l’alcool, que cela le rend peut-être un peu agressif mais que cela n’en fait pas quelqu’un de dangereux.
Par ailleurs son admiration pour les femmes n’est à mon avis qu’une façade…

« Si, Géraldine, je suis formelle, ce n’est pas Henri Duneton qui a mis la main aux fesses de Slevana ! »

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