novembre 2006


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La psy a rassuré Valérie sur le fait qu’il est fréquent chez l’enfant de quatre ans d’utiliser des termes à connotation scathologique.
Mais quand même, Valérie a des doutes quand elle entend Kevin répéter fièrement :
– Bonjour Caca !
– C’est bon le caca !
– Maman, tu veux du caca ?

Valérie a fini par se fâcher une bonne fois pour toutes :
« Kevin ! Lorsque l’on est un gentil petit garçon bien élevé comme toi, l’on ne dit pas de vilaines choses comme cela ! »

Kevin a bien compris la leçon ! De sa propre initiative, il a remplacé le mot caca et fait un effort de vocabulaire.
Et ce matin, en partant pour l’école, il a poliment salué la gardienne d’un jovial :
« Bonjour boudin ! »

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Gérald a été réveillé ce matin à 6h30, mais pas par sa gardienne. C’est Manuela qui m’a tout raconté parce qu’elle est restée en contact avec l’inspecteur de l’autre jour. En fait les flics ont fait une descente chez lui parce qu’il est soupçonné de recel et de vol aggravé.
Il semblerait que d’autres vols aient été commis dans la boîte : la Rollex de Catherine Jacquemin, le Blackberry de Daniel Bins. Tout le monde a été interrogé.
Et donc ce matin ils ont fouillé chez lui.
Ils ont tout retourné. Vidé les tiroirs, éventré le matelas, confisqué son disque dur et son téléphone. Et comme ils n’ont rien trouvé ils l’ont embarqué au poste.
Mais il faut dire qu’entre la Rollex et le Professeur Tournesol, il y en a déjà pour 15 000€ !
Je n’arrive pas à croire que Gérald ait pu faire ça ! Avec son air de jeune lutin des bois, on lui aurait donné le bon dieu sans confession ! Il paraît qu’après 12 heures de garde à vue, ils l’ont laissé rentrer chez lui, parce qu’ils vont analyser son disque dur et ses conversations téléphoniques.
Le pauvre, quand il est rentré, il avait un dégât des eaux ! Sa moquette et son canapé étaient foutus ! Il va lui falloir des semaines pour nettoyer tout ça.
Manu a accepté de l’héberger le temps que ça se décante, mais il ne faut le dire à personne !
Manuela a eu l’air un peu gêné. Elle n’aurait pas imaginé que ça puisse prendre de telles proportions.
Elle a déjà prévu d’alerter les associations de droits de l’homme, et a commencé une contre-enquête.

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Le bureau d’Henri Duneton a été saccagé dans la nuit. On lui a volé son jeu de Mastermind, son Rubicube, et le livre que Pierre Bellemare lui avait dédicacé. Heureusement le tiroir réservé à ses photos de vacances était fermé à clé !
Catherine Jacquemin a fait venir un agent de police. Manuela s’est, elle aussi, immédiatement rendue sur les lieux. Elle a demandé à Henri si quelqu’un avait des raisons de lui en vouloir.

Les cambriolages, c’est traître. On n’est jamais au bout de ses mauvaises surprises. Par exemple il a fallu deux heures à Henri pour réaliser que son petit Milou en bronze n’était plus sur l’étagère. Ça l’a rendu complètement fou ! Il a vidé ses tiroirs un par un et recompté ses objets de collection. Il a passé le reste de la journée au téléphone à faire l’inventaire avec Dominique des figurines qu’il avait laissées à la maison, pour refaire la liste de celles qu’il gardait au bureau. Une seule manque à l’appel : un professeur Tournesol de 1962, une édition numérotée dont il ne reste plus que trois exemplaires en France. Autant dire d’une valeur inestimable pour les collectionneurs !

Manuela a dit que l’enquêteur perdait son temps à relever des empreintes. Elle a déjà commencé à établir le profil psychologique du voleur, et selon elle il s’agirait d’un proche.

Henri était très abattu. Manu lui a proposé de lui offrir ses figurines Bob l’Eponge pour le consoler, mais Henri, accablé, l’œil hagard, ne l’a même pas entendu.

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Hier soir nous avons organisé un petit repas chez moi. Il y avait Tristan, Catherine, surnommée Cat’, sa copine, et Aude, une copine de Cat qui était toute seule parce que son copain bossait. Aude, elle est rigolote avec ses lunettes toutes bleues.

Aude était éreintée de son après-midi dans Paris. Elle est allée à l’expo Klein à Beaubourg. J’ai dit à Robin que nous aussi, ça nous ferait du bien d’aller au musée. Après, elle est allée nager à la piscine municipale, parce que la couleur de l‘eau, ça l’apaise. Elle a rejoint Cat sur les Champs et elles sont allées faire un tour à la Fnac. Aude a acheté le DVD en promo du Grand Bleu et Cat a pris un petit cadeau pour Tristan : un chaton tout doux qui non seulement joue du banjo mais aussi remue les lèvres en chantant « yesterday » en Japonais.
En remontant vers le RER, elles se sont renseignées sur les tarifs du Lido. Aude rêverait d’y passer le 31 avec son mec. Mais lui, les Bluebell Girls, ça n’a jamais été son truc.

On est passé à table. Robin avait préparé plein de petits amuse-gueules. Aude a dit « Oh ! ça a l’air bon ! C’est quoi ces petites chips toutes bleues ? ». C’était une recette secrète mais Robin a bien voulu la dévoiler. Cat est allée chercher son mini sac bandoulière, en a sorti  un mini calepin « hello Kitty » et un micro stylo parfumé à la fraise et a noté la recette secrète. En haut de la page elle a écrit « Robin et Doro ».

Tristan est allé voir « les rebelles de la forêt » pour se distraire cet après-midi.
Ça s’est très mal passé. D’une part parce qu’il y avait beaucoup trop d’enfants dans la salle, qui n’arrêtaient pas de faire du bruit et de poser des questions stupides. « il est où le roi lion ? », «  y vient quand Winnie l’ourson ? ».
Quand il est intervenu un peu fermement pour calmer le jeu, il n’a réussi qu’à déclencher des crises de larmes dans l’auditoire. Du coup, on n’entendait plus le film ! Une espèce d’hystérique est venue l’agresser en le menaçant de porter plainte, soi-disant que : «  VOS GUEULES BANDES DE MORVEUX ! » ça avait choqué sa fille de trois ans. Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre !

Pour changer de conversation j’ai demandé à Aude ce qu’elle avait prévu de faire demain. Elle m’a dit «  je vais sûrement retourner à l’expo Klein… ». Elle m’a  immédiatement rassurée en précisant qu’elle n’était pas une fanatique de Klein.
« J’aime aussi toutes les autres sortes de bleu ! » a-t-elle ajouté.
Ne sachant quoi répondre je me suis tournée vers Cat et lui ai demandé si elle avait déjà acheté son calendrier de l’Avent…

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Géraldine m’a dit « je t’accompagne au café ». Quand elle fait ça c’est qu’elle a un truc à me raconter.

Elle n’en peut plus, Aristide n’arrête pas de repasser tout le temps la même chanson en boucle à la maison. Elle l’a surpris en train de fredonner les paroles pendant qu’il donnait la bouillie à Anatole. « le respect pour chacun, c’est pas encore gagné » m’a-t-elle dit. Et là j’ai eu un flash ! La ressemblance physique, certainement.
« La prochaine Ségolène Royal, c’est toi ! » j’ai dit à Géraldine.

Manuela et Carlos sont arrivés, et nous ont demandé de quoi on parlait. Manuela a dit qu’on paye trop d’impôts, qu’il faudrait instaurer une police de l’impôt pour que les riches arrêtent de spolier les pauvres.

 « C’est de la connerie » a déclaré Carlos, ajoutant qu’on ferait mieux d’instaurer une taxe sur la connerie, à commencer par ces cons avec qui on l’oblige à travailler et qui font mal leur travail à la con. Ce con de Daniel Bins, par exemple.

Manuela a dit que si elle gagnait plein d’argent, elle monterait une association à but non lucratif et lutterait contre la faim dans le monde.
« ça en fait du monde ! » lui a fait remarqué Géraldine, avec son petit sourire en coin. Mais Manuela a précisé qu’elle ne s’occuperait que des enfants, qui sont les adultes de demain.
« Et les adultes d’aujourd’hui, tu les laisserais crever ?! » l’a taquinée Géraldine. Manuela a un peu réfléchi, a cherché du regard l’approbation morale de Carlos, mais celui-ci était en panique parce qu’en tombant la touillette avait fait gicler le café sur sa chemise bien repassée.
« Quel con ! » a-t-il constaté.
« je crois qu’ils vont changer la machine » ai-je glissé discrètement à Carlos.
« Oui ! je les laisserais crever ! » a clamé Manuela.
« Excellente décision » a approuvé Carlos, en réponse à ma remarque.

Pensant qu’il s’adressait à elle, persuadée qu’il la soutenait dans sa lutte et la suivait dans ses idées, Manuela a lancé un long regard d’admiration vers Carlos. Et c’est sur ce malentendu que, ce matin, une flamme s’est allumée à la machine à café.

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Samedi avec Robin on est allé se balader à St Michel. Robin voulait juste s’acheter le nouveau Guy Bark, et puis après il avait promis de m’emmener dans un salon de thé.
Rues des Ecoles, ils l’avaient, le nouveau Guy Bark. Mais en import Japonais à 35€. Robin a préféré voir s’ils ne l’avaient pas moins cher ailleurs.

A Jussieu, ils ne l’avaient pas. En revanche ils avaient une très belle édition DVD de Drunken Master, sortie en 2002 et quasiment introuvable, et à seulement 14€ en occas’.
Le vendeur a conseillé à Robin d’aller dans leur deuxième boutique deux rues plus bas, où ils reçoivent davantage les nouveautés.
A l’autre boutique ils n’avaient rien non plus. Par contre il y avait un choix impressionnant au rayon films d’horreur/fantastiques. Robin a sorti son portable et pris en photo la jaquette de Anthropophagous, puis il a tapé « 9 » « Z1 » « 18€ », a sélectionné « Tristan mob » puis « envoyer ». Dix secondes plus tard son téléphone sonnait et il disparaissait au fond de la boutique. Pour en revenir dix minutes plus tard ! Finalement nous sommes repartis les mains vides.

D’après Tristan le CD de Guy Bark était en prix vert à la Fnac Italiens.
Mais arrivés à la Fnac Italiens, Robin a laissé un message à Tristan pour l’engueuler : la Fnac Italiens n’existait plus, elle avait fermé ! Du coup nous sommes partis à la Fnac St Lazare.
Là, une excellente surprise attendait Robin : dans un vieux bac « affaires de Fnac » presque vide, coincé dans un coin sombre entre une porte « réservée au personnel » et l’intégrale de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, il est tombé sur la même édition de Drunken Master !
A 7 € 99 ! Il n’en croyait pas ses yeux, ce devait être une erreur ! Il l’a prise, bien sûr, et il m’a dit : « ça te dérange pas si on passe vite fait chez Gibert, je vais essayer de le revendre ». On a repris le métro. Il a enlevé la cellophane et vérifié l’état du DVD.

Chez Gibert ils le lui ont repris 15€ ! Robin était tout content ! Il m’a dit « j’appelle Tristan vite fait pour lui dire », mais ce dernier était occupé. Il faisait les courses à Carrefour avec sa copine.
Robin a quand même demandé au vendeur s’il avait reçu le dernier Guy Bark. Le vendeur a pianoté sur son ordinateur et a répondu « 12 décembre ». C’est Robin qui lui a dit qu’il y avait un import Japonais.

Finalement il a décidé de retourner Rues des Ecoles pour se prendre l’import à 35€, vu qu’il venait de gagner 7€ !

Après ça j’étais fatiguée et j’en avais marre. Du coup on n’est même pas allé boire un thé.
Dans le RER, Robin m’a fait une surprise. Il m’a offert le double CD West Coast R’N’B Christmas Carols  qu’il avait acheté en douce quand il était parti dans le fond du magasin tout à l’heure. J’étais trop contente !

On est rentré et on l’a écouté en boucle !

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Le C.E va organiser le Noël des enfants. Valérie a déjà commandé le cadeau de Kevin. Elle a longuement hésité entre l’hélicoptère lance-flammes et la valise éducative Smoby. Finalement, vu les circonstances, elle a pris la valise. Et puis il y a de grandes chances pour que de toutes façons, le Père Noël, il le lui apporte quand même son hélicoptère lance-flammes.  Noël, de nos jours, ça vient de plus en plus tôt. Kevin, par exemple, il a déjà écrit sa lettre. Deux pages recto-verso de jouets découpés dans les catalogues qu’on a reçus dans la boîte aux lettres. Deux pages de vaisseaux destructeurs radio-guidés, d’épées laser bilingues, de pistolets mitrailleurs démontables. Et cette année ils ont sortis un nouveau héro pour les garçons : Action Jim, le successeur d’Action Man. Kevin a déjà repéré la station satellite d’Action Jim, le tank submersible d’Action Jim, et la panoplie militaire réversible. Heureusement, pour les parents moins fortunés, ou qui n’ont pas de place chez eux, il existe aussi les minis figurines Action Jim tout articulées. 

Curieusement, au milieu de tout ça, Kevin a collé la trottinette Charlotte aux Fraises. Géraldine, elle, ça lui fait peur de voir que les enfants, de plus en plus jeunes, se comportent comme des consommateurs compulsifs. Il est loin le temps où elle se réjouissait de la simple paire de ciseaux que ses parents lui offraient. Avec Valérie on s’est regardées et on a dit :«  Non, quand même, tes parents ne t’ont pas offert une simple paire de ciseaux ?! » 

Mais bon, elle a le temps, il est encore petit Anatole, il ne va pas encore chez la psy. Elle avait du mal à choisir un cadeau dans le catalogue fourni par le CE. Avec Valérie on l’a aidée. Pour les touts-petits aussi il y a des jouets de garçons, on a même trouvée la poupée Action Jim en tissu, celle qui a une grosse tête. Sinon il y avait les « baby warriors », des petits bonhommes en plastiques qui peuvent se mettre à la bouche. Ils sont mignons avec leur couche et leur veste de camouflage. En plus ils sucent leur pouce et font pipi pour de vrai. Mais Géraldine n’était pas sûre que ça plaise à Aristide.

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