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Ce soir j’ai tenté d’aborder les choses sérieusement avec Robin, parce que depuis qu’il m’a écrit cette lettre il ne m’en a jamais reparlé.
Il m’a dit :
« Quoi ? Quelle lettre ? Je n’ai jamais écrit de lettre, moi ! »
Cela ne me faisait pas rire, alors je lui ai montré la fameuse enveloppe.
« D’abord, ce n’est pas mon écriture » s’est-il immédiatement défendu.
Il a déplié la petite feuille. A mesure que ses yeux balayaient les lignes de gauche à droite j’ai vu son regard s’assombrir et son expression se figer.
« Elle est bizarre, ta lettre… »
« Tiens, essaie de lire une ligne sur deux pour voir » a-t-il ajouté en me la rendant.

Effectivement, il avait raison. En même temps que je déchiffrais l’odieux message laissé entre ces lignes par ce qui semblait être une jalouse inconnue, je m’interrogeais avec effroi sur l’identité de cette ennemie dont j’ignorais jusqu’à présent l’existence.
Et je fis le rapprochement avec les incidents des jours précédents.
« C’est une voisine, je la connais de vue » annonçai-je.
Mais Robin semblait pressé de refermer la page de cet épisode déplaisant.
« Tu as peut-être ta propre idée ? » m’enquis-je « il s’agit sans doute d’une de tes conquêtes ? ».
Robin fut bien obligé d’avouer qu’il y a peu il avait sympathisé avec une voisine, qu’il l’avait même plusieurs fois aidée à porter ses courses. Il jurait qu’il ne s’était rien passé.
Simplement, cette jeune mère de famille élevait seule son petit garçon, et parce qu’il est de nature charitable, Robin avait donné au petit quelques petits jouets lui ayant appartenu. La jeune mère esseulée avait vu dans ce geste bien plus qu’elle n’aurait du voir.
Et c’est ainsi que Robin s’était fait une admiratrice secrète et moi une ennemie.

J’ai fait promettre à Robin d’aller dès le lendemain régler le différend chez ladite voisine, afin que celle-ci mette fin à ces actes de harcèlement et qu’elle présente ses excuses.

De dépit, j’ai jeté le « Marions-nous » de Décembre que j’avais pris au Relais H en rentrant.

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