img_2093-1.jpg

Robin s’est donc rendu chez cette voisine et m’a fait son compte rendu détaillé.
A peine la porte ouverte, le petit Boris s’est jeté à son cou, ne voulant plus le lâcher, s’exclamant  « Papa, Papa ! ». La voisine elle-même semblait peu surprise de sa visite. Elle l’a même accueilli d’un familier « je t’attendais, chéri ! ».
A la grande stupeur de Robin, une table avait déjà été dressée pour trois. Ne sachant que dire, ne voulant pas traumatiser le petit, et plutôt tenté par l’odeur irrésistible d’une pælla aux fruits de mer, Robin s’est machinalement assis à table, pendant que Boris vidait progressivement sa chambre de tous ses jouets, dans le but de les transférer vers le salon, où il les présentait un par un à Robin.

La voisine déroula alors le scénario de son plan diabolique.
« Tu ne trouves pas qu’il te ressemble ? »
Robin lui rappela sèchement que ce n’était pas en portant les courses de sa voisine qu’on faisait des enfants.
Cela n’empêcha pas l’autre de poursuivre.
« Boris, c’est un prénom qui ne t’évoque rien ? »
« Je ne m’appelle pas Robis » lui fit remarquer Robin, impassible.
« On a passé de bons moments ensemble » tenta vainement la voisine, l’air un peu triste.
Robin lui demanda où étaient les toilettes.

Les toilettes en question étaient un mini-musée à la gloire de Robin.
Sur les murs, des dizaines de photos étaient épinglées. Des photos de Robin, prises ces trois dernières années aux vingt kilomètres de Combe Ste Huberte, où il avait respectivement terminé 72ème, 120ème et dernier. Là, on le voyait sur un podium où il se voyait remettre un bon d’achat à la poissonnerie des berges, partenaire historique de la course.
Et puis, il y avait tout un tas de clichés trafiqués, où la tête de la personne avec qui Robin était photographié avait été découpée.

C’est ce qui a le plus énervé Robin.
Il s’est précipité vers la jeune femme en hurlant : « je ne veux plus jamais vous voir ! Allez vous-en ! »Mais la voisine lui a timidement rappelé qu’ils étaient chez elle.
Alors Robin a pris ses affaires, l’a regardée d’un air vraiment méchant et menaçant et l’a avertie :
« Si j’entends encore parler de vous, je vous dénonce à la DAS ! »
Il a fait son petit effet. Le petit s’est mis à hurler et a jeté ses jouets dans tous les sens.

Apparemment ça s’est bien terminé, ils ont trouvé un terrain d’entente.

Et ce soir, nous avons mangé une excellente paella aux fruits de mer!

Publicités