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En ce moment Valérie héberge sa nièce de 8 ans, Doris.La petite Doris a une excellente influence sur Kevin, semble-t-il. Et puis le soir, Valérie est tranquille, parce que la petite se coltine les histoires de Dora à sa place, alors elle a pu avancer dans son repassage !Doris a même écrit une histoire spécialement pour Kevin. Elle s’intitule : « Le secret perdu ». Valérie nous l’a lue et nous avons toutes été saisies par la précoce maturité de la petite fille. C’est sûr, un avenir prometteur s’ouvre à elle ! Pour rendre hommage à cette artiste en herbe, j’ai choisi de recopier son texte tel qu’il nous a été livré. J’ai juste corrigé les fautes d’orthographe.

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« Le secret perdu » par Doris – 8 ans

Jadis vivait une vieille très vieille femme qui possédait un secret que tout le monde voulait savoir. Mais elle n’en disait rien. Les gens avaient peur qu’elle oublie son secret et lui offraient tout les prix pour connaître un secret qui paraissait magique. Un jour elle dit seulement que c’était une secret de ses ancêtres : les Incas. Maintenant les gens du village étaient traumatisés. Les bergers se faisaient passer pour les incas.
La vieille femme avait une nièce qui était mariée. Celle-ci disait :
 « s’il te plaît dit-le moi ce fameux secret je ne le dirai à personne. »
Mais elle mentait : une fois qu’elle saurait le secret elle le dirait à tout le monde. Mais la femme se méfiait et ne disait toujours rien à propos du secret des incas.
Certains villageois croyaient qu’elle était sourde. Certains même ne savaient pas qu’elle avait un secret mais ils le savaient grâce aux affiches.
Ce jour-là, devant la porte de la vieille femme il y avait une foule de gens qui lui offraient des cadeaux en échange du secret perdu des incas. Ce secret était perdu car il venait d’il y a très longtemps. Alors un jour on comprit qu’elle était sourde mais qu’elle savait parler. Les gens du village commençaient à se fâcher. Et certains voulaient lui donner une correction. Mais ils savaient que si il lui donnerait une correction ce ne serait pas comme ça qu’ils sauraient le secret. La vieille femme était une descendante (très âgée) des incas. C’était ça son secret ! Les gens du village croyaient bien sûr qu’il s’agissait d’un secret sur « l’or ». Comme  tous leurs secrets à eux. La vieille femme ne voulait pas dire son secret de peur de décevoir les gens du village. Pour elle, c’était un secret merveilleux car elle était la seule à être une incas. Et pourtant, elle était triste d’avoir perdu toute sa famille, triste d’avoir cent dix-sept ans, triste d’être la seule incas qui puisse exister dans ce monde.
Un jour enfin, elle fit réunir tous les gens du village sur la place du marché. Et leur dit :
 « mes amis, vous allez être très vexés de savoir mon secret car il ne fait plaisir qu’à moi »
 « dîtes le quand même ! Dîtes le quand même ! » Répétaient les gens du village.
Alors elle fut obligée de dire son secret qui était perdu ce jour-là ! Les gens du village furent très très vexé.
 « Je vous avais prévenus » dit la vieille qui s’en alla aussitôt.
Maintenant les gens du village ne cherchent plus à savoir un secret qui ne leur appartient pas.
Mais un jour la nièce de la vieille femme arriva.
 «  Tu as vu ce que tu as fait aux gens du village, dit-elle, tu les as mis dans un triste état ». Et elle s’en alla.
La vieille femme pensa le contraire. Elle se dit :
« C’est vrai, bien fait pour eux, ils y tenaient tant à « mon » secret, tient ce n’était pas leur secret. Et puis c’est très bien comme ça. Ce n’est pas ma nièce qui me commanderait. »
Mais après ces mots elle se sentit très mal. Elle avait mal de la tête jusqu’aux pieds. Elle appela un docteur mais le docteur ne savait pas quelle maladie elle avait. Du moins, il venait du village et faisait le moins possible pour soigner la pauvre vieille femme car il était très vexé par le secret de vieille femme. Il fit payer deux fois plus cher la dame car il n’était pas content à propos du secret perdu des incas. Un jour pourtant la vieille femme alla se coucher le soir, mais elle ne se réveilla pas, et oui les incas n’existait plus du tout car c’était la dernière incas et elle était morte comme son secret qui était perdu à tout jamais. Les gens du village furent tristes et ils ne l’oublièrent jamais surtout la nièce qui passait son temps à pleurer.
Voilà, c’est sur ce ton que se termine mon histoire et à l’avenir dans ce monde il n’y aura plus jamais que les os d’une femme (très vieille) incas.

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C’est un peu long me direz-vous mais enfin ! Harcèlement moral, propagande, organisation politique, manipulation par les notables, cupidité des plus forts, solitude et dénuement du plus faible, tous les ingrédients du complot sont là ! Et tout ça dans un contexte psychologique extrêmement développé. Par une petite fille de huit ans je vous le rappelle. Qui a très bien compris comment fonctionne la société actuelle et qui, dans cette parabole, dénonce  avec beaucoup de discernement la lente descente aux enfers de toute personne démunie, qui, parce qu’elle ne veut pas se conformer aux règles, meurt sous le regard désabusé de ses détracteurs.
En plus c’est très bien écrit. On retrouve à la fois les ficelles d’un conte de fées classique et celles d’un bon polar.
C’est sûr elle finira soit philosophe soit femme politique ou les deux.

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